Communiqué de presse de Jacques Limouzy

Quarante ans après : Orages sur le Parc

"C’est un décret du Président de la République du 1er mars 1967 qui institua les Parcs naturels régionaux.

Cette création était attendue puisque dès 1965, une étude réalisée à l’initiative de Cécil Mullens, Sous-préfet de Castres, mais aussi l’action dans l’Hérault d’une association constituée à Lamalou, annonçaient que le Haut Languedoc du Tarn et celui de l’Hérault pouvaient envisager de se réunir sur cet objectif.

Il devait revenir à la Direction régionale de l’Office national des forêts à Montpellier de faire réaliser un projet pour le compte de la délégation à l’Aménagement du territoire, par le Bureau d’études et de réalisations urbaines (Le BERU) en octobre 1969.

En 1970, Louis Lunes, maire de Courniou, présentait au nom des Chambres d’agriculture et de la FDSEA, au Congrès de la Fédération française d’économie montagnarde à Ajaccio un rapport sur les techniques d’accueil d’un parc qui n’existait que sous la forme d’une association de promotion.

Le Département de l’Aude que l’étude du BERU avait intégré dans le projet avec le Cabardès jusqu’à Lastours ne l’ayant pas accepté, il revenait aux Conseils généraux du Tarn et de l’Hérault de s’entendre.

Raoul Bayou, député et conseiller général de l’Hérault et moi même, alors membre du Gouvernement Chaban-Delmas et conseiller général du Tarn, fûmes d’accord pour lancer nos deux départements dans une aventure qui nous séduisait et qui devait réunir nos collectivités publiques aux Chambres d’agriculture et à la forêt, sous la forme d’un Syndicat mixte.

C’est ainsi que je devins le Président d’un Syndicat mixte de promotion et  de création du Parc en 1972 en attendant l’institution par décret le 22 octobre 1973 du Parc naturel régional du Haut-Languedoc.

Plus tard , le sénateur François Giacobbi, alors Président de la Fédération nationale des Parcs m’en fit élire Président d’honneur, sans que je prétende à des mérites particuliers.

Ainsi naquit ce Parc qui, sur un relief tourmenté, réunit le Languedoc de Toulouse et celui de Montpellier, où les eaux coulent vers l’Océan et vers la Méditerranée, où le seigle des Celtes rencontre l’olive des Grecs et où le sol est voué depuis mille ans à toutes les aventures de la foi.

Il n’a pas vécu sans écueils ni difficultés, il était bi-départemental, il est maintenant également bi-régional, son espace est devenu celui des communes et donc des citoyens. Sa présence marque désormais le destin de ceux qui s’y trouvent depuis tant d’années.

Mais voici qu’aujourd’hui, la Communauté d’agglomération de Castres-Mazamet va être appelée à émettre un vote approuvant ou non la Charte du Parc naturel régional du Haut-Languedoc pour douze ans.

Les communes composant le territoire du Parc ont déjà adhéré à la charte ou l’on rejetée pour certaines.

Je respecte la décision de celles d’entre elles qui comme Mazamet ou Lacabarède n’ont pas cru devoir voter cette charte pour des raisons que je ne suis pas loin de partager avec elles, mais dont je ne puis approuver les conséquences qui peuvent être les suivantes :

Si le vote qui est demandé aux délégués élus par les communes au Conseil de la communauté d’agglomération, se révélait négatif, il devient porteur d’un risque majeur de déstructuration de ces deux institutions publiques que sont le Parc et la Communauté elle-même.

Autrement dit, les textes étant ce qu’ils sont, la Communauté doit se prononcer sur la Charte du Parc alors que son territoire n’y est que partiellement inscrit. C’est faire juger les positions déjà prises par les communes du Parc par des communes qui ne se trouvent pas dans le Parc.

En cas de vote majoritairement négatif de la Communauté, toutes les communes ayant adhéré à la Charte se trouveront expulsées du Parc pour douze ans contre leur volonté.

Ces communes ne vont pas manquer de s’interroger sur la nature de leur présence dans une Communauté qui interviendra sur un sujet qui n’est pas communautarisé, voilà pourquoi ces deux institutions sont en cause.

On doit espérer que ceux des délégués qui ne se trouvent pas dans le Parc auront la décence de ne pas intervenir sur des situations qui ne les concernent pas.

Agir autrement serait porter atteinte à l’unité, à la cohérence et au destin de ces deux institutions publiques que sont le Parc et la Communauté d’agglomération.

Soulevé avant l’ère primaire, le territoire du Parc est l’une des premières rides de la Planète. Un jour, il a vu s’élever les Pyrénées qui n’existaient pas. Sa faune et sa flore d’aujourd’hui étaient constituées dès l’époque pliocène alors que l’homme ne s’annonçait pas encore.

Que certains veuillent aujourd’hui y planter des éoliennes peut ne pas être agréable à d’autres dont je suis. Je pense qu’elles n’y seront pas toujours sur un territoire aussi ancien et qui en a vu d’autres.

Faut-il pour cela mettre en péril l’antériorité et la dimension d’une institution qui depuis quarante ans a bien d’autres raisons d’exister ?"

Jacques Limouzy
Président d’honneur de la Fédération nationale des Parcs

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Tout est dit - ou presque - par Jacques Limouzy. J'ajouterai que le maire de Mazamet à l'initiative de cette cabale prend une lourde responsabilité. Certes il peut y avoir débat sur l'implantation d'éoliennes sur le territoire du parc, mais instrumentaliser cette question à des fins politicienne, n'en doutons pas le député Bernard Carayon est à la manoeuvre, est suicidaire pour le développement économique du sud du Tarn. Cerise sur le gâteau, Pascal Bugis pas concerné par cette question parce que maire de Castres, joue les vierges éffarouchées auprés de … Pascal Bugis président de la Communauté d'agglomération de Castres Mazamet qui au final a objectivement droit de vie ou de mort sur le parc naturel régional du haut languedoc. Schizophrénie mortifère. Ce territoire n'a décidement pas les élus qu'il mérite, il est temps d'en changer.

JFG

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PNRHL

 

 

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